"Solitude,ma mère!"

I Kem,

Copyright: (Photo D.R.)
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I Kem a Nna Mahjuba, a Babah-nney;
I kem a tayemmatt, a tamdakult n usefru;
I kem a tucbiht n wussan;
I kem a tafat n webrid-iw, a tadsa n wudem-iw;
I kem ay udem n tudart zeddigen d yisar;
I kem,
Tamurli-iw tezga d tin id yesnat ufus-im;
Ass-agi, udem-im yekkes seg wallen iw akken ad yejjujeg deg ulawen;
Ar tufat, anda ma yur uzar-im tara;
Hemlar-kem seg wul yeggujlen, yettrun...

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Hommage à Slimane

Slimane Scouti
Copyright: (Photo D.R.)
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I KECC A SLIMANE
(*)


Mon ami Slimane Scouti est décédé, hier soir, dans un accident de ciculation, près de Djelfa. 

Ce digne fils du Mzab, militant de Tamazirt et de la démocratie, était - et restera- un homme de valeurs, un réceptacle des beaux principes. 

Sa disparition est une grande perte : celle d'un homme humble, à l'immense générosité humaine...

En cette occasion triste, mes pensées vont à sa famille, sa femme et ses enfants, ses parents et ses frères. Qu'ils trouvent ici transcrite l'expression de ma profonde amitié. 

Là où il est,que Slimane repose en rébellion, qu'il continue son combat, à un autre niveau, comme il a toujours su le faire, durant toute sa vie: une vie de dévouement et de luttes pour les causes justes.

Slimane, tu me manqueras.
Tu me manques déjà!

Ar tufat ay amdakul n tidett!

Seg wul!

Salah 

(*) = Pour toi Slimane 

Asefru ...


SOLITUDE ...


"... Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé;


Fleuves, rochers, forêts, solitude si chères,

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé... "

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In l'Isolement de Lamartine
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Une autre chance...

Dépose ici et maintenant
la tombe que tu portes,
Et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Sort donc de ton Moi
vers un autre Toi,
de tes visions vers tes pas vis,
que la vie t'entraine à la vie...

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In Une autre chance,
de feu Mahmoud Darwich
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Lundi 3 septembre 2007 1 03 09 2007 23:25

[Avoir 20 ans à … T’kout]

  « Les gendarmes nous ont déshabillés. Ils nous ont laissés debout dans la cour de la brigade de T’kout, jusqu’à épuisement. Les coups pleuvaient. Ils pleuvaient pour annoncer la semonce de la honte. La semonce du déshonneur. Nous affaiblir physiquement pour que notre résistance s’effiloche. Pour qu’ensuite, l’atteinte à notre pudeur, la sodomie soit un dernier coup de grâce pour notre « Tirrugza », pour notre ardent désir d’être libre… »

Ce passage, sans le nom de T’kout, aurait pu être un extrait d’un livre d’une personne ayant subi les affres des bagnes de Tazmamart, de Tazoult Lambèze, du Goulag … Il aurait pu être aussi un témoignage d’un irakiens sur des exactions commises par les marines dans la prison Abou Ghraib en Irak. Il aurait pu être ce cri d’un Henri ALLEG se vidant de son sang sous les coups des paras de Bigard qui s’acharnaient sur son chétif corps comme châtiment pour sa « question » et son engagement pour la guerre d’indépendance algérienne ; c’eut été un extrait des mémoires d’un Bachir HADJ- Ali relatant, pour l’histoire, les craquements de ses os, les comportements ignobles des bourreaux de la sécurité militaire ; ou encore le râlement de cet opposant chilien auquel la police militaire du général Augusto PINOCHET a fait vivre l’enfer avant de l’envoyer ad padres…Ou encore, et encore, les exemples de cette barbarie sans limites n’ayant pas eu, à travers le temps et l’espace, de…limites.

Ces mots, désignant le supplice vécu dans une brigade de gendarmerie, sortaient de la bouche d’un jeune ; juste avant cette déferlante de la haine, il était à l’aurore de la vie. Une vie pleine de rêve que la bêtise humaine a balancé dans un crépuscule sans fin. Ce jeune, que l’Algérie indépendante, pour laquelle s’est sacrifié Ben Mhidi, a superbement ignoré, a vingt ans aujourd’hui. Avoir vingt ans dans les Aurès, c’était une belle inspiration de René VAUTIER. C’est devenu un cauchemar pour ceux qui bourgeonnent actuellement dans cette belle région. Avoir cet âge là, dans cette Algérie de Bouteflika des 85% et des Zerhouni and co, c’est accepter l’oisiveté, mourir à petit feu, sans travail, sans perspectives d’avenir, sans horizons ; c’est accepter l’arbitraire, se taire devant des notabilités arrogantes et suffisantes, c’est assister impuissant à une fraude électorale au profit du puissant du moment, le consacrant roitelet d’un instant éphémère, sur une terre rebelle de Kahina et de Koceïla, alors que T’kout a récusé cette mascarade électorale ; c’est se résigner à l’exécution extrajudiciaire du jeune ARGABI Chouïb par les balles assassines de la Garde communale, sans que l’assassin ne soit inquiété un seul instant ; c’est de constater comment la propagande officielle maquille un tel homicide volontaire en une « opération anti-terroriste », alors que ladite propagande ne cesse de nous chanter les bienfaits d’une « réconciliation nationale et globale », après avoir décrété le terrorisme comme « résiduel et défait » ; avoir vingt ans donc à T’kout, c’est vivre dans cette Algérie de la « démocratie, de la dignité et de la paix retrouvée » sans oser dire « Ulac smah ulac » pour les assassins, pour les corrompus, pour le mensonge, pour la lâcheté, pour la résignation, etc.

Il se trouve que ce jeune a vingt ans dans les Aurès aujourd’hui. Il n’a certes pas connu Ben Mhidi, mais de cet héros, il a hérité la fougue, la force de lutter contre la répression et l’oppression, la rage de vivre digne malgré toutes les misères, d Argaz, malgré la chape de plomb d’un pouvoir servile. Ce jeune là vit à T’Kout. Qui connaissait T’kout avant que la presse ne répercute les cris de ses suppliciés des années après les cris des suppliciés de Tazoult Lambèze, de Berrouaguia ? Pas beaucoup de monde, peut-être. Surtout pas ces ersatz du pouvoir d’El Mouradia, des Tagarins et du club des pins. T’kout, c’est Koukt en Tamazirt ; elle signifie émeraude. Ce devait être la source d’une richesse, c’est devenu, pour les jeunes d’aujourd’hui, l’orifice d’un volcan qui hurle sa rage et qui expulse le même magma qui a permis à la Kabylie d’engager sa révolution des genêts.

Comme la vingtaine de jeunes qui ont été interpellés par les gendarmes, ce jeune vit dans sa chair l’intense lacération des coups ; dans son âme, c’est la descente aux enfers ; c’est l’interminable vide creusé par une humiliation ; celle d’un corps dénudé avec le mépris et la force de la matraque, du rangers et du pouvoir absolu et sans limites ; celle d’un doigt déchirant un anus juvénile ; celle des gestes obscènes annonçant les sévices et violations à venir et pour ce même corps et pour les mères et sœurs qui vécurent des moments d’une interminable atrocité; celle du dégoût d’un corps souillé par la brutalité bestiale d’un gendarme, encouragé par l’impunité consacrée comme mode de gouvernance, et par l’impuissance développée par l’Algérie, à l’image de ce vers dans un fruit, face à ces « seigneurs » qui se croient au-dessus de la plèbe que nous sommes. Cette humiliation, c’est cette difficulté qu’a ce jeune à nous parler de ce qui s’est passé ce jour le plus long et le plus noir. C’est ce cauchemar qui le poursuit, et qui le poursuivra longtemps, depuis qu’il a été intrinsèquement flétri par l’absence de justice ; cela porte un nom : c’est un traumatisme.   

Cet arbitraire d’Etat, ce jeune, à l’image de ses amis, a décidé de le dénoncer et de lutter pour la consécration des droits humains, de la justice, etc. Il fallait se donner une structure afin de porter les revendications de la population et des jeunes surtout qui n’ont comme horizon que l’immensité des monts des Aurès sur l’autel desquels se fracassent toutes leurs aspirations et leurs rêves. Car T’kout, se sont les espérances d’une vie meilleure égrugées ; c’est cette Daïra oubliée par le temps et par les « plans de relance économique » ; c’est cette contrée de l’oubli, où le sourire n’est même pas permis, tellement le poids des jours est écrasant ;C’est cette jeunesse délaissée ; c’est l’absence de l’Etat, si ce n’est par la répression, tellement le manque de tout est flagrant : point de centre de loisirs, point de maison de la culture, de salle de cinéma, de stade, point, point et point ! C’est l’endroit de l’infini qui s’arrête, des regards qui se croisent, dubitativement, et qui attendent des jours meilleurs. C’est cette beauté pittoresque, mais qui n’arrive pas à nourrir ses enfants. C’est cette identité millénaire amazir, véhiculée par une langue millénaire parlée jusqu’à aujourd’hui par les vieux et les jeunes, que l’arabo- islamisme tente de raser des tablettes de l’histoire et des mémoires. C’est la larme de ce père qui s’écrase, d’une façon fracassante, hurlant à la face du monde tant d’injustice, de mépris, de Hogra, d’oppression.

C’est dans cette terre fertile à toutes les luttes identitaires et sociales que les jeunes avaient décidé de s’organiser pour mieux se défendre. C’est la raison pour laquelle le comité citoyen de la ville de T’kout a été crée, dans la foulée des événements sanglants du printemps noir de Kabylie. Une structure politique non partisane qui a déstabilisé la quiétude des relais locaux du pouvoir. Elle a permis la mobilisation des T’koutis autour de revendications citoyennes. Pour le pouvoir, cette mobilisation, dans une région moins frondeuse ces dernières années que la Kabylie, annonciatrice d’un mouvement de protestation plus profond et plus organisé, devait être stoppée. Comme à l’accoutumée, à défaut de répondre positivement aux attentes citoyennes, du reste à la portée de ses 35 milliards de dollars de réserves de changes, le choix de la répression et de la brutalité a été fait. Il fallait donner l’exemple à tous ceux qui seraient inspirés de suivre le « mauvais exemple anti- national de la Kabylie ». Et la répression fut ! Cependant, malgré son retranchement géographique, le comité a continué, vaille que vaille, son engagement pour la satisfaction de ses revendications citoyennes. Jusqu’à ce jour du 13 mai où tout a basculé : l’assassinat du jeune ARGABI Chouïb, à Taghit, par un garde communal en plein exercice de ses fonctions. Si ce n’est la publication de l’information par la presse, cette énième exécution extra- judiciaire aurait été inscrite par le pouvoir et ses relais dans les registres de l’oubli. Et comme le black out n’était plus possible, il fallait trouver un mobile pour un tel acharnement contre la vie humaine : si Massinissa GUERMAH était, aux yeux de Zerhouni, un voyou, pourquoi Chouaïb ARGABI ne serait-il pas un terroriste ? Une mort justifiée n’est-elle pas, dans cette logique répressive et débile, plus acceptable ? Les jeunes du comité citoyen de T’Kout ne l’entendaient pas de cette oreille : une fois la nouvelle connue, ils se rendirent à Taghit pour organiser un rassemblement devant le siège de la garde communale. Les gardes communaux, tout en étant armés avec des balles réelles, n’interviennent pas pour disperser les centaines de personnes qui demandaient que justice soit faite par le « jugement de l’assassin ». Lors du procès du 31 mai, ils avouèrent au tribunal avoir reçu un ordre de leur hiérarchie pour ne pas intervenir. Et comme aucune suite judiciaire et /ou politique n’avait été donnée à cet assassinat et à la protestation de la population, fallait-il comprendre que le pourrissement était attendu ? Etait-ce une provocation de plus à l’encontre d’une population meurtrie ? Une chose est sûre, c’est qu’après l’enterrement de Chouaïb ARGABI, les jeunes se rassemblèrent de nouveau devant ledit siège de la garde communale. C’est le moment choisi par la gendarmerie pour intervenir. Son intervention était d’une violence extrême. Des dizaines de jeunes furent blessés et d’autres interpellés et conduits à la brigade de T’kout. Ce qui motiva un rassemblement des jeunes pour exiger la libération des personnes retenus à la brigade. Et le cycle répressif a repris de plus belle, avec un cran supérieur dans la violence. La chasse à l’homme était ouverte. L’occasion attendue depuis 2001 se présentait enfin : T’kout allait payer son soutien à son comité de citoyen. Les jeunes furent tabassés sans discernement. Ceux qui réussirent à échapper aux rets des gendarmes, se réfugièrent durant des jours dans la montagne. Quant à ceux que les griffes de la répression touchèrent, à l’exemple de notre jeune confident, c’était l’innommable : des coups de matraque, de poings, sur toutes les parties du corps, surtout les plus sensibles, comme les parties génitales ; ensuite, le travail de la terreur psychologique commença : isolements, mises à nu, insultes, injures, menaces de représailles contre les familles, menaces de viols contre les femmes, etc. La procédure judiciaire, en second lieu, prit le relais. Les gendarmes, dans un élan de haine indescriptible, chargèrent les jeunes : « destruction du drapeau national, rébellion contre l’autorité de l’Etat, destruction et incendie volontaire de biens de l’Etat, attroupement, incitation à attroupement, outrage à corps- constitué… » Leurs P. V. devaient être la preuve irréfutable de la responsabilité et de la condamnation des jeunes du comité citoyen de T’kout. Le dossier transmis au procureur de la république près le tribunal de Arris, les jeunes (28) seront mis sous mandat de dépôt et renvoyés devant la section correctionnelle sur la base de la procédure du flagrant délit. Les chefs d’accusation étaient : « incitation à attroupement, attroupement et destruction de biens d’autrui ». Même si cette procédure de flagrant délit était illégale, le flagrant délit n’ayant pas été constaté dans les faits, le tribunal décida de frapper fort en condamnant les jeunes notamment l’un deux à une année ferme. Il fallait frapper immédiatement et sans indulgence ; l’objectif était clair : lancer un message violent et dissuasif à tous ceux qui seraient tentés de continuer la mobilisation, pour revendiquer la libération des détenus et la justice sur l’assassinat de Chouïb ARGABI notamment.

Six autres jeunes, rescapés de la première audience du premier procès, suite à un renvoi, toujours sur la base de la même procédure du flagrant délit, ont été appelés à la barre du même tribunal ce 31 mai. La veille à T’kout, où nous avions passé la nuit, les renforts de la gendarmerie avaient semé la terreur. Ils tenaient à briser le mot d’ordre de grève générale auquel a appelé le comité de citoyen de la ville de T’kout. Une autre chasse à l’homme a eu lieu. Des jeunes ont été destinataires de convocations verbales. L’essentiel, c’était de maintenir la peur des derniers jours dans les esprits et les cœurs. Aucune autre motivation, puisque le dispositif répressif de la gendarmerie n’avait pas lieu d’être, le calme étant revenu à T’kout. Les parents des détenus, leurs frères, les amis, les autres jeunes, commençaient à sentir la nécessité de témoigner. Il fallait briser le mur du silence. Dire ce qui c’était passé à T’kout, afin de « mots- dire » la violence de l’intervention des gendarmes. Raconter les descentes nocturnes, les perquisitions de domiciles en dehors des heures légales et sans permis de perquisition, les menaces ; mais avoir surtout le courage de se surpasser pour raconter ce qui a été fait aux jeunes dans l’enceinte de la brigade de gendarmerie ; témoigner que des gendarmes, à T’kout, en Algérie de 2004, 50 ans après les supplices et les tortures subis par ben Mhidi, ont torturé leurs enfants, ont poussé l’horreur jusqu’à porter atteinte à leur « honneur, pudeur et dignité ».  Trouver la force pour raconter comment les jeunes, sous les coups, suppliaient les gendarmes d’arrêter ; comment, eux les parent, la chair de la chair, essayaient de faire barrage aux échos qui leur parvenaient de la brigade. Comment ils se sont trouvés face à la passivité des autorités locales, militaires et civiles. Comment celles-ci ont manipulé les deux factices commissions d’enquête alibi, pour contredire les témoignages de torture et de sévices subis par les jeunes. En se faisant violence, ils ont parlé. Ils ont accepté d’être enregistrés. Ils ont fait serment de témoigner afin que justice soit faite.

Une justice qui, le jour du procès, ce 31 mai, dans l’enceinte du tribunal de Arris, après avoir interdit arbitrairement l’accès à ceux qui sont venus apporter leur soutien aux détenus, refusa, par le biais de son président, que la défense n’aborde la question de la torture ; ni même l’affaire qui l’a motivée, à savoir l’assassinat du jeune Chouaïb ARGABI ; le président, avec le représentant du parquet, en conformité avec les attentes/injonctions de la chancellerie, et donc du pouvoir, avaient intérêt à ce que le procès soit expédié. Et le procès, c’était tout, sauf la torture, les violences des gendarmes, les râles des jeunes, leurs supplices. C’était tout, sauf la vérité, la responsabilité du pouvoir dans ces protestations citoyennes. Heureusement pour la vérité historique, et malheureusement pour tous ceux qui veulent noyer la responsabilité politique du pouvoir, les détenus répondirent « oui ». La question, que le président du tribunal avait refusé de poser plus de six fois, était : « avez-vous été torturé dans l’enceinte de la brigade de gendarmerie de T’kout ? » Pour nous, en tant que défense, ce « oui » était d’une évidence criarde puisque les violences sont toujours vivaces sur les corps de ces jeunes. La commission d’enquête aurait eu tout le loisir de les constater, si elle avait pris le soin de les entendre ; si elle voulait que la vérité soit faite sur ce criminel épisode. En discutant avec eux avant le procès, ils nous avaient fait part de leur volonté de témoigner, publiquement, de l’enfer dans lequel ils vivent depuis que des gendarmes, au nom de la loi, leur ont fait subir l’innommable.

Aujourd’hui, ils sont condamnés à des peines allant de trois à six mois de prison ferme. Leurs peines sont moins lourdes que celles des 22 autres jeunes condamnés par le même tribunal, pour les mêmes chefs d’accusation, pour les même faits. Malgré la sourde oreille et la cécité du président du tribunal, juge de la section correctionnelle du tribunal de Arris, la vérité a éclaté ce jour là, en audience publique. Oui, les gendarmes ont fait subir des sévices aux jeunes. Oui, des jeunes ont été dénudés. Oui, la sodomie a été pratiquée. Oui, la honte ce jour là a eu la part belle.

Maintenant que « l’épisode T’kout » est sorti de l’anonymat, nonobstant les futures plaintes des jeunes victimes contre leurs bourreaux, l’essentiel c’est d’axer le travail sur les jeunes qui sont toujours en détention. Tout en préparant les procès en appel, le soutien psychologique doit être de rigueur. Nous devons leur signifier notre total engagement à leurs cotés. Une structure adéquate est plus qu’urgente afin de canaliser tous les efforts.

Pour le travail politique, la dénonciation de la torture, la revendication de justice, d’autres réflexions doivent être engagées. Car en Algérie du 21ème siècle, la torture est un fléau qui ronge la société, au bénéfice de la pérennité du pouvoir.

 Ce jeune, sciemment sans nom dans cette contribution, peut être vous, moi, votre enfant, votre frère, votre mère, votre sœur, mais c’est surtout celui qui ne doit plus exister à l’avenir… Pour ce faire, vous savez ce qui vous reste à faire, pour vous en défaire. 

Personne n’a plus le droit de dire « je ne savais pas ».

 Salah HANNOUN,
Avocat

Par Salah Hannoun - Publié dans : Tasartit / Politique
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Lundi 3 septembre 2007 1 03 09 2007 23:20

[Kabylie, la politique du pire]

 

Depuis le mois d’avril dernier, la Kabylie est en deuil ; un imposant deuil. Tout en elle rappelle cette tragique réalité née de la mort et de la souffrance : les étendards noirs, les graffitis (dénonçant  particulièrement Bouteflika et les généraux), les portraits des 107 jeunes assassinés par des tireurs d’élites de la gendarmerie(ou peut-être d’un autre corps ?) qu’on rencontre dans les villages les plus reculés du Djurdjura. Tout ce tableau est peint pour dire simplement, huit mois après, que la colère et la digne douleur sont toujours omniprésentes, assaillantes. La volonté d’aller de l’avant pour que réparation soit faite, aussi. La réparation prend ici toute sa signification politico-judiciaire.

Et c’est la longévité extraordinaire de ce mouvement, pour ne pas dire exceptionnelle, qui est à la source de certaines interrogations ; ce faisant, dans la foulée, « on » remet en cause l’essence foncièrement pacifique et démocratique même de cette formidable dynamique citoyenne, la comparant, comble de la cécité politique aux actions insurrectionnelles d’un parti totalitaire, l’ex-FIS en l’occurrence. Idem pour ses objectifs dont la plate-forme a été explicitée à Larba N At-Yiraten, en octobre dernier. Certaines d’entres-elles (interrogations) peuvent être sincères quand elles appellent à « la sagesse des deux côtés », en faisant montre d’une naïveté politique, confondant les pratiques sanguinaires de ce pouvoir dictatorial avec la détermination des citoyens kabyles, qui n’ont que leurs torses nus à opposer aux balles explosives des forces de répression. D’autres, plus pernicieuses et certes inspirées, tente de discréditer  les structures qui portent ce mouvement depuis sa naissance, à savoir Larach et les autres comités de Daïras et communes, puisque ce sont elles qui portent le mouvement et qui l’animent.

C’est dans cette situation de floue et d’incertitude politiques qu’intervient votre dossier, « Que veut la Kabylie ? », paru dans le dernier(05) numéro de votre journal. Une analyse qui s’ajoute aux autres opinions et réflexions inhérentes à la nature de ce mouvement et à ses objectifs. Sans être d’accord avec et votre approche et vos conclusions, je me permets d’apporter quelques éléments de compréhension pouvant permettre à vos lecteurs de faire une synthèse, après la thèse que leur a livrée votre journal.

Au préalable, il me paraît important de défricher le terrain et ce, en posant une problématique plus en rapport avec la réalité dont les donnes sont têtues : quelles sont les raisons qui font que la Kabylie, région « des plus importantes du pays », pour vous reprendre, bascule dans une situation de « quasi-insurrection » ?  Quelle est la part de responsabilité des deux parties ?

Pour mieux cerner la situation, il est toujours utile de laisser les faits parler d’eux-mêmes.

Le 18 avril dernier, alors que toute la Kabylie préparait comme à l’accoutumée les festivités du 21ème anniversaire du printemps berbère(Tafsut n Imaziren), le premier du nouveau millénaire, un jeune lycéen, Guermah Massinissa, a été mitraillé(deux rafales de Kalachnikov), sans raison apparente(comme pour son arbitraire interpellation), dans l’enceinte de la brigade de gendarmerie des Ath-Douala, par un gendarme en service. La victime a succombé à ses blessures, après avoir subi des soins intensifs à l’hôpital Mustapha. Ceci à la veille du 20 avril. Le lendemain des marches qui ont eu lieu à Tizi-Ouzou et Bejaia, trois jeunes collégiens de Amizour, en flagrante violation de loi, ont été malmenés par des éléments du même corps de sécurité, en présence de leur professeur d’éducation physique, pour avoir scandé « pouvoir assassin » et « corrigez l’histoire, l’Algérie n’est pas arabe », parmi les slogans habituels du Mouvement Culturel Berbère(MCB). Ces deux actes répressifs peuvent apparaître comme des actes anodins, « des abus de pouvoir localisé et limité » (sic), si la tournure qu’a prise les événements, avec la meurtrière riposte des gendarmes, n’a pas été aussi apocalyptique. Aux protestations pacifiques des jeunes, marches et sit-in des lycéens, collégiens et étudiants, les balles explosives étaient la seule réponse, l’unique « sincère volonté de dialogue » dont a fait preuve le pouvoir de Bouteflika. A une exigence de dignité et de démocratie, ils ne recevaient que mépris et morts conjugués. Ce mouvement qui s’était mis en branle portait un message : il était inacceptable que l’assassinat de Massinissa, à plus forte raison commis par un élément des forces de sécurité, reste impuni. Les jeunes étaient décidés à mettre un terme à ce déni de droits, érigé par les pouvoirs successifs comme maxime de gouvernance ; dans cette colossale entreprise de citoyenneté, ils avaient besoin du soutien des autres, car sans se discréditer soi-même, on ne peut tout de même pas leur reprocher leur mobilisation, comme il a été reproché aux kabyles de s’être révoltés contre l’assassinat de Lwennas Matoub. Dans cette région fière et maintes fois ensanglantée, la vie a un sens, la banalisation de la mort et des carnages n’ayant pas réussi à s’y implanter, fort heureusement.

 Pour finir d’implanter le décor macabre, les déclarations du commandement national de la gendarmerie et celles du ministre de l’intérieur qualifiant le jeune Massinissa de voyou de 26 ans, étaient plus un appel pour des émeutes, que des tentatives d’apaisement des esprits. Au lieu de se déplacer sur les lieux du crime, et prononcer les premières sanctions, les représentants du pouvoir ont profité de cette profonde détresse pour tenter de rétablir les équilibres au sein du système : faire partir Bouteflika, pour les uns, et la consolidation de son règne, pour les autres. Cette fois-ci encore, les mécanismes du sérail ont bien fonctionné, au détriment des aspirations de la Kabylie.

A la lumière de ces faits, il ressort que l’aggravation des événements est imputable au pouvoir qui a joué à fond la carte du pourrissement pour, puisque l’occasion s’y prête, normaliser une région dont la discordante voix (et voie) est trop pesante dans un climat d’une scélérate concorde nationale. Ce bastion des luttes démocratiques et identitaires devait courber l’échine, afin de laisser la place à un retour en force des caciques du Fln lors des futures échéances électorales(que la Kabylie boycottera à coup sûr, tant que ses revendications ne sont pas satisfaites), dans la perspective du lancement du tout terrain « Mouvement pour la Concorde Nationale », MCN. Cela avant même la création de mouvement de Larach qui venu des semaines après pour remédier à cette situation.

Au moment où la répression était à son apogée, les gendarmes tirant à balles explosives (qui ne se souvient du crane de ce jeune d’où jaillissait une précieuse substance cervicale ?!) sur des jeunes à torses nus (l’image est impressionnante et édifiante), il fallait rompre ce cycle de violence et arriver à une gestion plus ordonnée de la contestation, politiquement plus efficace, en formalisant les revendications dans un cadre politique rassembleur. Un cadre qui se devait de répondre aux attentes de toute la Kabylie dans une unité d’actions retrouvée. Justement, ce cadre là faisait défaut, une carence payée au prix de vies humaines. Contrairement aux idées préétablies, au summum de la répression, en Kabylie aucune structure politique traditionnelle n’a réussi à se mettre au diapason de la rue. Ni le RCD, englué dans une logique de compromission et de collaboration avec le pouvoir de Bouteflika, ni le FFS, qui n’arrivait pas à se départir de ses accointances avec les Islamistes, n’ont su ou pu comprendre la profonde et subtile mutation que vivait la région ; une région dont la révolution était portée par des jeunes nos structurés politiquement, et qui n’avaient que les chansons de Matoub pour école, avec un slogan fétiche, leur philosophie de la vie qui se résumait à : « puisque on est déjà mort, pourquoi craindre alors la mort ? ». Une stridente remise en cause de toute la trajectoire de ces quarante années d’une indépendance confisquée. Leurs querelles partisanes, et leur éloignement des préoccupations de la Kabylie, motivé par un virtuel destin national, résultat d’une obsessionnelle quête du pouvoir, avaient déjà occasionné une fracture entre leurs structures et le peuple, notamment avec le départ massif de cadres et de militants. L’exemple le plus édifiant de ce divorce, reste le RCD qui était dans un gouvernement qui tirait sur des jeunes; anesthésié par ses calculs politiciens, Sadi ne s’est résigné à quitter ses strapontins, qu’après dix jours du début des sanglants événements : les dix jours les plus meurtriers. Quant au MCB, les déchirements qui le minaient depuis une décennie ont eu raison de ses formidables capacités de mobilisation et de résistance. Encore une fois, ce sont les divergences partisanes qui en sont la cause, alors que l’écrasante majorité est acquise pour un projet de société moderne prenant en charge la dimension identitaire amazigh. 

La situation était-elle qu’il fallait trouver une solution de rechange, pouvant permettre de rassembler toute la Kabylie autour de ses victimes qui continuaient de tomber, en donnant un sens à leur suprême sacrifice. De là, après le constat de carence, le retour aux sources s’est imposé de lui-même (Adar Iteddu s Azar, dit l’adage). L’idée de départ, c’est que chaque comité de village, Les Tajmaat, prenne en charge ses jeunes, pour qu’ils ne se fassent pas massacrer par les gendarmes. Ces comités ont toujours existé, depuis la nuit des temps, et ont constitué, pendant la période du parti unique, une structure indépendante, nonobstant les vaines tentatives de domestication. Pour être efficace, il fallait qu’il y’ait une coordination entre les villages, les brigades se trouvant dans les chefs-lieux des communes. La jonction s’est faite avec les comités de quartiers qui ont été créés dans la foulée de ces événements, pour donner des coordinations communales, à proportion de un à deux délégués élus(c’est selon les coordinations), lesquelles se sont retrouvées pour constituer les coordinations de Daïras, avant que la coordination de wilaya(deux délégués élus pour chaque commune) ne voit le jour, puis l’Inter wilayas, une sorte de parlement de la Kabylie. Dans cette logique de regroupement, sur la base de la démocratie participative, les comités de villages ont réactivé la coordination inter-villages, à savoir Larach (du singulier Larch). Nous devons signaler que, accompagnant la vie des Tajmaat, les Larachs, qui n’ont jamais été délaissés par l’usage et la coutume kabyles, et que contrairement à ce qui a été rapporté dans votre dossier, ont toujours été un lieu de concertation et de prise de décision, surtout politique. Leur convocation en assemblée était motivée par le règlement d’affaires concernant les Tajmaat, donc les villages constituant Larch ; leurs compétences d’attribution allaient des amendements à apporter au droit coutumier et de leurs adoptions, aux tentatives de conciliations entre deux parties en conflit, de procéder au règlement/ jugement des affaires dont la conciliation a échoué, etc. On est loin de ce rôle « archaïque et rétrograde » que lui assigne l’auteur de l’article « une population en otage ». En sus de cela, en quoi est-il dangereux de redynamiser ces structures traditionnelles, dans la perspective d’un combat citoyen. En général, les structures valent par ce qu’elles portent, et par ceux qui les portent. Même les canaux d’expression les plus « modernes », les partis politiques et associations, n’ont pas échappé à la règle de la perversion, dès qu’il était question qu’ils servent de vecteurs porteurs de projets « totalitaires, archaïques et rétrogrades ».

Les coordinations(CADC à Tizi-Ouzou, CIC à Bejaia, pour les plus importantes) mises sur pied, avec un fonctionnement horizontale pour éviter la caporalisation du mouvement, la contestation canalisée, s’exprimant à travers des marches populaires, des sit-in, des meetings, le dialogue interne instauré comme règle dans des conclaves, véritables leçons de démocratie, à faire pâlir plus d’un parti politique, la sauvegarde des vies humaines pour le moment garantie, l’objectif suivant consistait en la formalisation d’une plate-forme de revendications, ce qui fut fait à la commune de Illoula, avec la première plate-forme, avant qu’elle ne soit amendée et renforcée à Leqser. Présentement, dans cette Algérie qui guète un hypothétique pôle démocratique, la plate-forme de Leqser est le soubassement d’un projet de société moderne et démocratique. Ceux qui la portent oeuvrent pour le bien-être de la Kabylie qu’ils représentent et dont les revendications sont explicitées par ce texte fondateur sans la satisfaction duquel nulle solution n’est possible ; comme aucune activité officielle n’est acceptée. Loin de « l’extrémisme », cette plate-forme, surtout après son explicitation, est le minimum qu’attend un peuple de ses « dirigeants ». Ceux-là qui ont utilisé des balles explosives, n’ont pas d’autres voies pour répondre à ces exigences de vérité et de justice. Même la revendication qui choque le plus(le point d’achoppement), relative au démantèlement des brigades de gendarmerie, il suffit de faire un tour en Kabylie pour comprendre qu’il n’est plus possible que la vie antérieure à l’assassinat de Massinissa ne s’écoule comme un long fleuve tranquille. Comprendre que c’est tout le corps de la gendarmerie, le réceptacle de la colère des jeunes, qui est désigné comme le responsable du génocide du printemps noir ;  ceci avant que le professeur Issad ne vienne confirmer dans son rapport la responsabilité de ce corps, en le nuançant par la mise en avant des ordres, venant de la DRS, qui auraient empêché la transmission des ordres d’apaisement du commandement de la gendarmerie.

On ne peut pas faire comme si « le fleuve de sang », qui charriait les dizaines de victimes, ne séparait plus les deux parties : la Kabylie et le pouvoir, avec la gendarmerie comme vitrine et bouclier. Nous sommes conscients, légaliste que nous sommes, de la portée d’une telle revendication, et à l’heure du débat politique actuel, et après tant de sacrifices, notamment humain, nous ne pouvons faire l’économie d’une réflexion objective et franche quant à un statut particulier pour la Kabylie (pourquoi pas une autonomie dans la perspective d’un Etat algérien fédéral et démocratique), à la hauteur de «son importance », pour justement éviter que les revendications, à la lumière de la politique du pire qui est sciemment entretenue jusque-là par le pouvoir, n’atteignent l’irréparable : la « sécession ». Car comment comprendre et prendre les provocations actuelles des services de sécurité(arrestations de jeunes et leur incarcération, depuis le début décembre), si ce n’est comme un ballon de sonde pour tester le degrés de mobilisation actuel et, par ricochet, engager une répression féroce, ce qui ferait tout basculer ? Si vraiment on veut panser les blessures ; si l’unité nationale, dans la diversité, est notre souci premier, loin de la sauvegarde de ce système mafieux, la solution idoine est tout indiquée !

Aujourd’hui, ce qui est reproché à la Coordination de Larach, c’est son refus de « dialoguer », mettant en exergue sa volonté d’aller vers une situation de « non-retour ». Pour la vérité historique, que vaut la parole de Bouteflika et des autres hommes du pouvoir ? Comment peut-on croire un seul instant en la parole de ceux qui ont ordonné (Belkhir, en tête) de tirer sur des jeunes désarmés, et qui ont provoqué une « scission » entre les Algériens avec leur criminelle gestion de la marche du 14, où beaucoup de jeunes ont laissé leurs vies? Les exemples de ces torpilles sont pourtant édifiants, et le dernier consiste en l’appel au dialogue du 04 octobre dernier, avant que les délégués ne soient arrêtés brutalement le lendemain, le jour d’une date symbolique, à Naciria ; ils (les délégués) voulaient juste se rendre à Alger pour remettre la plate-forme au président. Comment croire en la bonne foi d’un pouvoir qui se fabrique des « délégués » pour engager un simulacre de dialogue, quelques heures seulement avant que des délégués légitimes et des jeunes ne soient arrêtés et traduit devant des magistrats instructeurs, en des délais éclairs, les inculpant de « attroupement », « destruction de bien publics », etc., des chefs d’inculpation dont les peines encourues sont lourdes. A vrai dire, le dialogue est la solution des « sages », des « civilisés » quand ce langage est compris et parlé par toutes les parties. Quand il est utilisé pour saborder un mouvement pacifique et citoyen, dans la perspective de la pérennité d’un pouvoir illégitime, il ne peut que susciter rejet et/ou méfiance.

Si le pouvoir veut vraiment régler « le problème kabyle » ; si vraiment panser les blessures est son objectif premier; si l’unité nationale, dans la diversité, est son souci principal, loin de la sauvegarde de ce système mafieux, la solution idoine est tout indiquée et à sa portée :

1-Reconnaître publiquement la légitimité de la plate-forme de Leqser, en s’engageant à satisfaire les revendications dont elle est le socle ;

2-S’engager solennellement pour un statut de langue nationale et officielle pour Tamazight dans la future constitution ;

3-Annoncer le départ des brigades de gendarmerie et leur remplacement par un corps civil national de sécurité ;

4- Accorder un statut pour les victimes décédées et blessées ;

5- Prendre des sanctions administratives et le jugement(ce n’est pas la peine d’ordonner des instructions judiciaires, si c’est pour demander l’identification de l’origine de la mort des jeunes, en versant les autopsies concluant à des morts balistiques) des responsables directes(les gendarmes qui ont tiré et identifiés, les chefs de brigades, les commandants des secteurs militaires de Tizi-ouzou, de Bejaia et de Bouira, etc.) et politiques (les généraux Larbi BELKHIR, Smain LAMARI et BOUSTILLA).

Pour la satisfaction de ces cinq points, la situation critique que nous vivons exige un acte/mesure hautement politique qui relève de la seule volonté (oui volonté !) du président, et qui ne nécessite aucunement d’avoir des interlocuteurs, Larach ou pas, autour de sa table.

Cette solution, unique démarche pour un retour à la « vie normale », qui va dans le sens de la reconnaissance de la responsabilité politique du pouvoir, rend mal à l’aise ce pouvoir qui n’est point habitué à travailler dans la transparence, la considérant comme une « abdication » devant ternir son « autorité ». L’histoire a montré que toutes ses actions sont frappés de l’estampille de la torpille, de la basse manœuvre, ce qui ne le rend point crédible ; encore moins pour être au rendez-vous des événements majeurs que vit le pays.

Notre conviction est que ce pouvoir, en nourrissant ce climat de tension par l’omnipotente répression, portera la responsabilité historique du pourrissement de la situation en Kabylie. Les Larach étant acculés à la défensive devant un arsenal répressif de tout un pouvoir qui préfère investir dans le « sécuritaire et le renseignement », que dans l’éducation et le plein-emploi, doivent comprendre que leurs seules armes restent leur légitimité ainsi que leur lutte pacifique, source de légitimité de leurs actions ; la Source de consécration de leur sacrifices pour les « Dignité, justice et identité ». La communauté internationale, même en étant occupée à pourchasser Ben-Laden et ses sbires, a déjà pris acte et de l’engagement du mouvement citoyen pour le triomphe des valeurs de modernité et de démocratie, et de la nature anti démocratique de ce pouvoir. Comme elle a déjà statué sur le sort à réserver aux dictateurs : la Cour pénale internationale de justice, qui ne saurait tarder à entrer en fonction ; et là, aucun accord d’association, paraphé, signé ou ratifié ne saurait retenir la volonté des peuples à disposer de leurs avenirs.

Souvenons-nous de ce que nous disait le poète : « personne n’est au dessus de nos souffrances et de nos douleurs». Ni Bouteflika, ni Belkhir, ni Médiène /Toufik, ni…

                                                                                                              

Par Salah HANNOUN

Avocat

 

PS. : Article Publié dans la revue française « Passerelles » en juillet 2002

 

                                                               

 

                                                   

                                                                                      

 

 

Par Salah Hannoun - Publié dans : Tasartit / Politique
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Bretagne, Kabylie ...

A l'Est de la Bretagne,
A l'Ouest de la Kabylie...


Copyright: (Photo D.R.)


Nos amis Bretons, en parlant de Paris, disent:
 "Paris, à l'est de la Bretagne, Breizh..."
Nous, en Kabylie, on dit:
"Alger, à l'ouest de la Kabylie".
Dans les deux cas, ce sont nos régions à fortes identités qui deviennent
des repères d'identification pour les capitales, non pas le contraire.
Les Jacobins, de Paris ou d'Alger, n'apprécieront point.
Comme nous n'avons jamais apprécié ce déni identitaire
qui fait d'une capitale un centre du monde.
Au détriment de nos séculaires identités/régions...
A galon!


Copyright:(Photo D.R.)

Awal / Citation

Quand les choses vont mal…

Quand les choses vont vraiment mal, comme elles savent si bien le faire quelquefois.

Quand la route sur laquelle tu chemines péniblement semble s'achever au somment d'une colline.
Quand les fonds sont bas et que les dettes culminent, tu voudrais sourire et tu dois pousser des soupirs.
Quand le souci te pousse dans la déprime.
Repose-toi si tu veux mais n'abandonne pas.
La vie est si étrange avec ses revers et ses détours comme chacun de nous a pu l'apprendre un jour.
Ceux qui ont été abattus par un échec auraient pu réussir s'ils avaient persévéré.
N'abandonne pas même si tout te semble aller lentement, car un autre souffle peut apporter la réussite.
Le succès n’est que l'envers de l'échec et tu ne peux jamais savoir à quelle distance se trouve le but,
Qui peut être très proche alors qu'il te semble lointain.
Aussi, continue la lutte au plus fort du combat,
Car c'est quand tout te semble perdu que tu ne dois pas abandonner.

Dda Lmulud At Maamar / Mouloud Mammeri

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"L'éternelle question consiste à savoir si en donnant aux autres un peu de soi-même,
nous ne le faisons pas pour avoir une meilleure idée de nous-mêmes..."
Krzysztof Kieslowski, "Le cinéma et moi", les éditions Noir Sur Blanc

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"J'ai vu des gens résister à la torture et fléchir face à l'attrait du luxe et tu confort..."
Kateb Yacine
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