Tunisie : silence, Ben Ali viole les LIBERTES!

Publié le par Salah Hannoun

Chers Confrères,

 

Je reviens d’une mission en Tunisie où j’ai enquêté notamment sur la situation des avocats tunisiens défenseurs des droits humains qui exercent leur profession dans des conditions difficiles.

Certains d’entres eux, les plus engagés sur le terrain de la revendication politique, sont condamnés à des peines privatives de liberté, suite à des simulacres de procès, loin de la norme universelle du procès équitable. Quotidiennement, ils subissent des sévices et des tortures, dont l’objectif consiste à les réduire au silence, à défaut de pouvoir les soumettre au despote du moment, le président Ben Ali.

Leurs familles, qui vivent sous la chape de plomb de la police politique, sont soumises à des pressions morales et physiques monstres : écoutes téléphoniques, filatures, menaces, harcèlement fiscal, etc.

Chers Confrères,

Comme vous le savez, la Tunisie, tout en ayant ratifié les textes internationaux inhérents aux droits humains, ne cesse de les violer quotidiennement.

Le cas des Avocats est une simple illustration de cette descente aux enfers d’un pays où la police politique fait régner la loi de la terreur, pour le maintien d’un système dictatorial mis en place depuis 1987 par le président Ben Ali.

Dans cette logique répressive, toutes les voix discordantes sont indexées et mises sous la coupe répressive de la police politique.

Les exemples sont légion :

1/ Maître Mohamed Abbou, avocat au Barreau de Tunis est emprisonné depuis avril 2005, purgeant une peine de 3 ans et 6 mois fermes pour avoir osé dénoncer la dictature du président Ben Ali dans un article diffusé sur le net. Il a observé plusieurs grèves de la faim afin d’alerter l’opinion nationale et internationale sur les inhumaines conditions carcérales que lui impose le pouvoir au sein de la prison du Kef (170 kms à l’ouest de Tunis).

Sa femme, Samia Abbou, a été agressée, récemment, par des policiers en civil qui l’ont empêchée de le voir, lui reprochant son engagement pour la libération de son mari. Jusqu’à aujourd’hui, elle est encore sous le choc d’une telle violence.

Cette action commando de la police politique du régime du président Ben Ali est une énième tentative de faire taire Mme. Abbou qui continue à nous alerter, malgré les menaces, sur l’évolution de la situation de notre confrère Abbou ;

Considérant que la justice tunisienne n’est que la tentacule hideuse de la police politique de Ben Ali, il faudra s’attendre à une lourde peine, pour l’exemple.

Chers Confrères,

Ces deux cas, tirés de l’actualité récente de la répression en Tunisie, malheureusement, ne sont aucunement exhaustifs, loin s’en faut. Ils sont deux exemples représentant une simple image de ce qu’est actuellement la Tunisie du président Ben Ali qui, sous la joie des plages et des complexes touristiques offerts aux touristes, notamment français, est une prison à ciel ouvert où la torture est érigée en mode de gouvernance.

Nonobstant l’accord d’association entre la Tunisie et l’U. E., où la clause de l’Etat de droit est censée être une angusticlave contre les dérives dictatoriales ; abstraction faite des protocoles internationaux pour la protection des droits humains ratifiés par la Tunisie, la communauté internationale, en particulier par la France par la voix de son président Jacques Chirac, en référence à la situation politique de la Tunisie, continuent à considérer que le « premier des droits, c’est de procurer du pain pour le peuple ».

C’est dans ce contexte géopolitique que le régime dictatorial du président Ben Ali redouble de férocité, par la torture, l’emprisonnement et les harcèlements incessants…

Chers Confrères,

Connaissant votre engagement au sein de ASFQ pour la défense des justes causes ainsi que votre intérêt pour la promotion de la démocratie et des droits humains, je reste convaincu que vous pouvez contribuer à atténuer un tant soit peu les souffrances des Démocrates tunisiens et de leurs familles qui se sont engagés dans la voie de l’opposition pacifique à la dictature du président Ben Ali et qui subissent, en conséquence, une violente répression, dans l’indifférence des Démocrates du monde.

Conscient que la crédibilité de ASFQ est un moyen vous permettant la saisine des Autorités canadienne sur l’impunité dont jouit l’un des systèmes les plus répressifs du 21ème siècle, je vous saurai gré de bien vouloir accorder un peu de votre temps, malgré vos importantes missions actuelles, notamment au Nigeria, afin de vous enquérir de la détresse de nos amis Démocrates tunisiens et de prendre les initiatives y afférentes.

Restant à votre entière disposition pour tout élément d’information que vous jugeriez utile, je vous prie de croire, chers Confrères, en l’expression de ma profonde considération.

Sachez qu’une votre engagement signifie, sûrement, le rétrécissement des champs de l’impunité et le sauvetage d’une vie torturée dans les geôles tunisiennes et qui hurle contre l’infamie et l’incurie de la dictature de Ben Ali…

Au nom de tous ces suppliciés, femmes et hommes, merci d’avance pour votre attention et pour toutes les actions (appels urgents, campagnes de sensibilisation des médias et de votre gouvernement, saisine de l'ambassadeur de Tunisie au Canada, etc. ) que vous entreprendriez !

Bien à vous,

Avec mes salutations confraternelles,

Votre bien dévoué confrère,

Maître Hannoun

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François 20/06/2011 00:16


Bonjour,
je me permets vous faire ce message, pour rectifier une méprise faite régulièrement sur l'auteur du poème que vous avez repris dans votre espace. En effet, il est très souvent attribué à tord à
Mouloud Mammeri qui n’est malheureusement pas l'auteur, comme c’est très souvent mentionné dans certains sites ou blogs, puisque j'en suis l'auteur. Ecrit en 2001 pour une personne qui m'est chère
et qui traversait une mauvaise passe, il fait partie d’un ensemble de poème consignés dans un recueil que j’ai intitulé ‘Reflets’, et que je fais très régulièrement profiter mon entourage à travers
des mails depuis 10 ans, et qui a été repris par bien de personnes à leur compte en omettant régulièrement de spécifier le nom de l’auteur que j’ai toujours pris soins de spécifier à la fin du
poème avant l’envoi à mes proches. Il n’est ainsi pas d’origine anglaise comme on le précise souvent, celui-ci ayant été écrit en français à l’origine.
Je suis un peu dépite de voir ce poème référence sur plusieurs sites et blogs avec une fausse référence de l'auteur, ou auteur inconnu, ou encore traduction de l’anglais, et j’essaie de rétablir
l'ordre des choses.

C’est pourquoi je vous prie de bien vouloir en prendre compte dans votre page, en rectifiant le nom de l’auteur. Par ailleurs, le texte de ce poème a subit depuis de légères corrections. Je vous
donne ci-dessous, la version originale. .

Bien cordialement,

François WAFO
Enseignant Université de Lyon 1 (IUFM de Lyon 1)
Membre du Laboratoire de Recherche PAEDI (Université Blaise Pascal Clermont Ferrant)
Mail : françoiswafo@yahoo.fr

****************
N’abandonne jamais

Quand les choses vont vraiment mal comme elles savent si bien aller quelquefois,

Quand la route sur laquelle tu chemines péniblement semble s’achever au sommet d’une colline,

Quand est haut le désespoir et basse la confiance,

Quand les fonds sont bas et que les dettes culminent,

Quand la réussite est absente et que l’échec te côtoie,

Quand les soucis te poussent à la déprime,

Reposes-toi et pousses un soupir si tu veux…
mais n’abandonne jamais.

La vie est si étrange, avec ses revers et ses détours, comme chacun a pu le vérifier un jour.

Le bonheur comme le malheur vient à l’improviste, ne laissant que le temps d’apprécier le bien ou le mal causé.

Ne baisses jamais les bras s’ils peuvent encore être levés,
Gardes haute la tête et fier le regard.

Beaucoup qui ont été abattus par un échec auraient pu réussir s’ils avaient persévéré.

N’abandonne jamais même si tout te semble aller
lentement,

Car un autre souffle peut apporter la réussite, le
succès n’étant que l’envers de l’échec,

Et tu ne peux jamais savoir à quelle distance se trouve le but, il peut être proche alors qu’il te semble si lointain.

Aussi, continues la lutte au plus fort du combat car c’est quand tout semble perdu que tu ne dois pas abandonner.


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François WAFO
(Extrait de 'Reflets', ©2001)
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Salah Hannoun 03/11/2012 23:27



Bonjour,


J'ai lu avec beaucoup d'attention et de plaisir votre message.


Je vous remercie pour les précisions que vous nous avez apportées.


Bien à vous.